LES STEREOTYPES ESPAGNOLS

Posté par classeuro le 13 avril 2010

Les Espagnols soulignent les aspects expressifs et chauds de la vie (émotion, vitalité, loisir), face aux instrumentaux ou au froide (efficacité, discipline, travail). L’Espagne est un bon pays de vivre, mais mauvais pour travailler. Toutefois, on évalue très positivement d’autres caractéristiques du caractère espagnol comme la sociabilité, l’altruisme ou la chaleur humaine. L’Espagne est bonne. Quant à l’espagnol comme seconde langue, il est considéré moins utile que d’autres comme l’Anglais ; mais il réveille un intérêt énorme entre les jeunes. 


Politique et relations internationales :
En général nous avons l’image d’un pays démocratique : L’Espagne est le pays européen en ce qui concerne lequel il a augmenté plus la confiance de des autres citoyens de l’Union durant les années 80 et 90. Nous sommes un des pays où augmente plus la perception de la transparence dans les pratiques économiques et politiques. L’Espagne aussi est un pays sûr et très culturel.  

  

Les stéréotypes des gens venus d’Espagne : Lorsque les étrangers pensent de l’Espagne, ils ne pensent qu’à la paella, la sieste, les toreros et fiesta. De plus ils pensent peuple espagnol que nous avons fixé notre famille avant tout.  En outre, des choses comme: « Les Espagnols travaillent pour vivre au lieu de vivre pour travailler », « L’espagnol typique est un travail pas très dur, boire du vin et manger du jambon personne», «hommes espagnols sont très bons soins.Tous les Espagnols ressemblent Antonio Banderas » sont faciles à écouter pour les étrangers. l est vrai de dire que nous sommes de tempérament, affectueux et de bon regarder les gens comme des personnages de Antonio Banderas. Par exemple, beaucoup de gens ont la peau tannée et profonds yeux noirs, envie de pleurer dans les funérailles et le plus souvent crier pendant qu’ils conduisent leurs voitures. 

 Beaucoup de gens ne sont pas d’accord avec certains de ces stéréotypes.  Ils pensent que nous sommes plus sophistiqués, plus européens, comme ils disent ces derniers temps.  Mais les hommes continuent d’acheter des boissons espagnol pour les filles et l’amour des corridas voir. En outre, tout le monde fume et il aime parler tout le temps, donc nous sommes « typiquement espagnols » comme on dit habituellement.D’autre part, les étrangers pensent que nous sommes paresseux, aucun peuple ponctuel, désordonné et agressif. Bien que, dans les mêmes cas cela est vrai, en général les gens espagnol travaille très dur et efficaces dans leurs emplois, nous sommes sur un pied d’égalité avec les gens des autres pays. 
Ils pensent que nous n’aimons pas vivre de beaucoup l’Espagne.  En plus de cela, ils pensent que nous pensons que l’Espagnol est le mieux dans le monde entier.  Toutefois ces stéréotypes ont été créés quand l’Espagne était un pays pauvre.  Aujourd’hui, les gens ont plus d’argent; fait, les élèves vivent habituellement à l’étranger pour un semestre. 

En conclusion, dans les stéréotypes début des vérités mais que le temps passe sur les stéréotypes deviennent les informations incorrectes, en d’autres termes, ils n’expliquent pas les biens actuels, mais elle se simplifier. 
Les stéréotypes sont un mal nécessaire, comme personne ne parle de Nice à leur sujet mais tout le monde en a besoin pour s’exprimer. » Belinda

Témoignage d’un professeur d’espagnol : « Il est trop simple de classer l’Espagne dans la catégorie de la passion, du flamenco, des courses de taureaux, et de la sieste. Aucun peuple n’est plus victime des stéréotypes que les Espagnols. «  

 

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STEREOTYPES DES IMMIGRES ESPAGNOL EN FRANCE

Posté par classeuro le 13 avril 2010

STEREOTYPES DES IMMIGRES ESPAGNOLS EN FRANCE    

             

L’immigration localisée dans le Sud-Est de la France est relativement faible pendant toute la fin du XIXème siècle. En 1900, il y a 80 000 Espagnols ; ils seront 100 000 en 1914. A partir de cette date et pendant toute la durée de la guerre, il y a un fort afflux de main d’œuvre espagnole pour pallier à l’absence des hommes. En 1930, il y aura 350 000 Espagnols présents, mais après 1930, on assiste à un reflux des immigrés vers leur pays d’origine. 1930 correspond à la fin de la dictature de Primo de partis au front Rivera et à l’avènement de la République (1931 : Alcala Zamora y Torrès, premier Président de la République).    

L’installation en France se fait selon les opportunités du moment, notamment pendant la Grande Guerre. La question qui se pose est de savoir combien de ces Espagnols qui sont venus pendant la guerre sont restés et ont été naturalisés par mariage avec une veuve de guerre, notamment dans les campagne où leur apport est essentiel en tant que bras pour l’entretien de la ferme ; la France est encore un pays essentiellement agricole (cf. E. Weger : La France des terroirs – Fayard).    

La population est extrêmement mobile ; elle est instable et liée aux opportunités de travail. Il y a très peu de naissance dans la communauté espagnole, ce qui laisse à penser que les hommes viennent en majorité seuls et que la famille est restée au pays. L’immigration pourrait donc être masculine et indiquer de nombreux retours au pays. On serait devant un schéma d’immigration tournante. L’Espagnol est perçu comme un nomade instable par rapport au Polonais qui est venu très souvent avec sa famille et qui s’implante. Le Polonais qui a réussi à émigrer ne retourne pas au pays, car la Pologne est partagée entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la Russie.    

   Les facteurs favorisants. 

Le travail.  Il n’est fait appel aux Espagnols que pour des circonstances exceptionnelles : 1914. L’Espagne est un pays qui est resté neutre pendant la Première guerre mondiale. Les Espagnols fournissent une main d’oeuvre de substitution, peu qualifiée, donc pour des emplois précaires : commerce, travaux publics et bâtiment. Les commerçants sont essentiellement des propriétaires de petits commerces dans des zones à forte présence espagnole ; l’activité économique est tournée vers les Espagnols (produits espagnols, etc.). Cette activité n’engendre pas une volonté d’intégration car le regard vers le pays d’origine reste très fort, ne serait-ce que par les circuits d’approvisionnements. Dans les travaux publics, les Espagnols fournissent la main d’oeuvre d’appoint et vont donc de chantiers en chantiers, ce qui ne favorise pas non plus une intégration. 

Hostilité des autochtones  Il y a une importante xénophobie à leur égard. L’Espagnol est l’étranger par excellence. Il vient de loin, c’est celui que l’on connaît le moins. D’autre part, au début du siècle, l’Espagne avait quelques visées sur le Maroc or la question marocaine a enflammé l’opinion française en 1905 et 1912 avec les agissements allemands à Tanger et Agadir. 

     

Ainsi les étrangers visés sont plutôt les Espagnols, Italiens, Turcs, Allemands mis dans le même sac. On arrive ainsi à l’idée que des étrangers peuvent être intégrés quand d’autres arrivent, et les Italiens seront plus tard en quelque sorte dans la même situation que les Belges en 1914.  Les élèves constatent également la tendance du texte à distinguer des « bons » et des « mauvais étrangers ». 

C’est l’occasion aussi de montrer, à travers les chiffres de nationalités, combien sont importantes les images mentales et qu’elles ne correspondent en rien à la réalité : on parle de Turcs dès le début du texte alors qu’ils sont 44 !  Conclusion : 

On associe toujours les mêmes images aux étrangers, quelle que soit l’époque ; on parle de stéréotypes.  On peut prolonger l’activité en faisant énoncer des stéréotypes sur les peuples européens : l’Allemand organisé, le Français râleur… 

     

L’Espagne est un beau pays et les Espagnols sont travailleurs, serieux, qui progressent d’année en année , ils aiment leur pays , c’est un peuple fier, de culture trés ancienne .
L’espagnol d’une maniére générale est un bon vivant, aime bien manger, posséder les commodités utiles à une vie décente… 
  

     

Le stéréotype des Espagnols 

Les Espagnols soulignent les aspects expressifs et chauds de la vie (émotion, vitalité, loisir), face aux instrumentaux ou au froide (efficacité, discipline, travail). L’Espagne est un bon pays de vivre, mais mauvais pour travailler. Toutefois, on évalue très positivement d’autres caractéristiques du caractère espagnol comme la sociabilité, l’altruisme ou la chaleur humaine. L’Espagne est bonne. Quant à l’Espagnol comme seconde langue, il est considéré moins utile que d’autres comme l’Anglais ; mais il réveille un intérêt énorme entre les jeunes.
Politique et relations internationales
En général nous avons l’image d’un pays démocratique : L’Espagne est le pays européen en ce qui concerne lequel il a augmenté plus la confiance de des autres citoyens de l’Union durant les années 80 et 90. Nous sommes un des pays où augmente plus la perception de la transparence dans les pratiques économiques et politiques.
Tourisme
Notre offre : un soleil et une plage. L’Espagne aussi est un pays sûr et très culturel.
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Économie
En partant d’une image de pays moins avancé et développé, on apprécie une amélioration remarquable, mais lestée par le stéréotype latin. Comme pays récepteur d’investissements, la formation et la connaissance de langues étrangères sont certains des aspects pire évalués. Comme investisseurs, surtout en Amérique latine, on préfère les investissements d’autres pays, des USA et dans des pays comme l’Argentine ou le Pérou il a cristallisé surtout une image de nouveaux conquérants.
Exportations
Il y a une profonde ignorance des produits et marques espagnoles.
Et dans le meilleur des cas, les consommateurs européens seulement nous différencient par le prix.
L’internationalisation tardive de nos entreprises, Et que les consommateurs reconnaissent pas beaucoup de nos marques célèbres comme Espagnols.
Les images de l’Espagne
Selon une étude récente d’Young & Rubicam qui comparait quatre caractéristiques démarque- pays en Europe, l’Amérique latine et les États Unis,les problèmes de la marque Espagne ils diffèrent selon les pays et les régions. Ce qui est commun est qu’aux USA, l’Amérique latine ou en Europe s’associe l’Espagne à un pays amusant et authentique. Entre les aspects négatifs, l’association de l’Espagne avec tradition, basse qualité est aussi commune aux deux continents ou manque de style. En Amérique latine on nous perçoit comme moins différents qu’en Europe et c’est la plus grande l’association avec innovation, originalité et prestige. Dans l’aspect négatif, on évalue beaucoup plus qu’en Europe à l’Espagne comme éloignée, arrogante, peu serviable, peu fiable, hostile ou peu amicale. Aux Etats-Unis il est marqué encore qu’en Europe la perception de pays unique et différent et aussi est plus associée style et distinction. Se on plus qu’en Europe ou l’Amérique latine l’aspect traditionnel, peu innovateur et la méfiance. 

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L’ACCUEIL DES REFUGIES ESPAGNOLS EN FRANCE A PARTIR DE 1936

Posté par classeuro le 6 avril 2010

À partir de 1939, de nombreux Espagnols, républicains pour la plupart, ont quitté l’Espagne franquiste. Cette vague d’émigration est appelée exil ou exode républicain. Les destinations choisies par les  émigrés espagnols ont été principalement la France, le Royaume-Uni, le Mexique et l’URSS

L’exode républicain de 1939 vers la France 

En France même, ce sont les départements du Sud-Ouest, à proximité de l’Espagne, qui ont accueilli le plus de réfugiés, avec une forte immigration espagnole dans les villes de Bordeaux et de Toulouse, où résidaient déjà des Espagnols. Les autres départements de la côte Atlantique ont également été concernés, ainsi que le Massif central, les Bouches-du-Rhône et la région parisienne. L’accueil des arrivants est différent d’un endroit à l’autre : tantôt ils sont bien reçus et font même l’objet d’actions de solidarité, tantôt ils sont regardés avec méfiance voire hostilité dans une France en crise marquée par certaines formes de xénophobie. Les vagues d’exilés sont moins bien reçues après 1939. 

L’accueil des réfugiés espagnols en Isère (1937-1939)  La population iséroise, face à la Guerre Civile Espagnole, est désireuse de rester en paix, est largement d’accord avec la politique de non-intervention adoptée par le gouvernement français et souhaite aussi porter secours aux victimes. Cependant, l’Isère voit arriver, dans les années 30, une forte poussée de la xénophobie. Ces français distribuent de nombreux tracts virulents parlant de “l’envahissement progressif de toute l’économie par des éléments étrangers” et demandent la fermeture des frontières. A partir de 1937, l’Isère fait une répartition géographique rationnelle par le gouvernement des nombreux réfugiés arrivés en France. Le Préfet de l’Isère signale que “ les possibilités de l’industrie et la situation de chômage en Isère ne permettent pas l’absorption des réfugiés espagnols dans l’économie. ” En effet, si les Arméniens et les Russes dans les années 20 avaient permis à la France de combler le vide démographique dû à la première guerre mondiale, les Espagnols arrivent à contre courant dans l’économie Française car, à la suite de la crise économique de 1929, le marché du travail est très restreint.  En juin 1937, 450 réfugiés arrivés dans le département sont divisés en deux groupes. Le premier est tout d’abord logé à l’Ecole Vaucanson de Grenoble jusqu’à la rentrée des classes en septembre puis, il est transféré à l’Ecole Pratique de Commerce et d’Industrie de Grenoble dans le début du mois de septembre. Le deuxième groupe de réfugiés est dirigé vers l’Ecole Nationale de Voiron, où un véritable élan de solidarité s’organise autour de ces réfugiés. Le 11 septembre 1937, les deux groupes de réfugiés sont transférés vers la forteresse de Fort Barraux, qui permet cependant à cette époque l’accueil dans des conditions raisonnables de l’ensemble de ces hommes, femmes et enfants arrivés en Isère depuis 1937. Dès cette période, de nombreux miliciens souhaitent retourner sur le front espagnol pour défendre la République, ainsi s’opèrent dès le mois d’octobre 1937 les premiers rapatriements sur la base du volontariat. la chute de la Catalogne le 26 janvier 1939 entraîne l’exode de réfugiés le plus massif que la France ait connu. Entre le 30 et le 31 janvier 1939, 2000 réfugiés arrivent à Grenoble. De ce fait les autorités iséroises installent un grand centre de réfugiés au Palais de la Houille Blanche qui comptera jusqu’à 2300 réfugiés en mars 1939., Le système de l’hébergement collectif dans des camps à la charge de l’Etat, qui avait été rejeté en 1937, doit finalement être adopté. Beaucoup de journaux déplorent les conditions de vie à l’intérieur du camp, où on dénombre 35 morts au total en cinq mois. De plus, les autorités instaurent un système de laissez-passer isolant totalement les réfugiés qui sont d’ailleurs interdits de toute activité politique. En juin 1939, les réfugiés quittent le camp pour être hébergés à Arandon, à 75 km de Grenoble, ce qui ne plaît pas à la population. A la même période, on constate de nombreux rapatriements qui sont censés être réalisés sur la base du volontariat, mais qui en réalité se font de manière plus ou moins forcée. A partir de mai 1939, les rapatriements s’intensifient : les civils rejoignent l’Espagne et les miliciens sont dirigés vers les camps de concentration du sud-ouest. Au mois d’octobre 1939, 1150 réfugiés quittent le centre d’hébergement d’Arandon provoquant du même coup sa fermeture. On a tout de même pu voir se développer dans le département un formidable élan de solidarité de la société civile envers ces nombreux réfugiés contraints à un exil forcé. Différents organismes se forment et oeuvrent en faveur des victimes du conflit espagnol, c’est le cas du Comité d’Aide aux Réfugiés Espagnols ou de la Commission d’aide aux enfants espagnols réfugiés en France. De même, plusieurs communes participent à cet élan de solidarité en effectuant des dons, comme la commune de Livet-et-Gavet qui apporte une contribution de 5500 francs, somme importante pour l’époque.  http://gimenologues.org/IMG/pdf_DOC4Exil_esp_is_re.pdf 


 
 
   
   
 
   

http://increvablesanarchistes.org/articles/1936_45/refugie-bretagne.htm  Pierre Petit a dix ans en 1936, il nous raconte comment il a vécu l’arrivée des premiers réfugiés républicains espagnols dans la région de St Brieuc.
Son père et sa mère sont des militants syndicalistes CGT reconnus, son père est aussi le secrétaire du Secours rouge de Saint-Brieuc dont l’écrivain Louis Guilloux est le délégué départemental. 
Pierre Petit : En juin 1936, ma mère et mon père sont totalement investis dans le mouvement social qui débouche sur les « accords de Matignon ». Demande de quarante heures et quinze jours de congés payés. Ma mère occupe pendant trois semaines son usine de la brosserie Bulier. Je vis donc ce début d’été entre les défilés revendicatifs et joyeux, meetings dans les usines occupées, réunions syndicales des côtes du Nord.  Cette ambiance de fête est brutalement interrompue par le début du conflit espagnol. Comme à leur habitude dans les années trente, voilà donc des militaires qui décident d’écraser la vermine rouge (et noire) dans un pays où le Front populaire est arrivé au pouvoir démocratiquement. Surprise, cette fois ci, le peuple se rebelle, il prend les armes et remporte une victoire probante –certes provisoire- dans les grandes villes. Le Front populaire espagnol réclame une intervention rapide des démocraties et de son « frère » français qui sort victorieux de la plus grande grève organisée en Europe. 

Pierre Petit : Nous avons été extrêmement surpris quand d’une part la Société des nations (la SDN) annonce sa volonté de rester neutre et surtout quand Léon Blum affirme qu’il suivra ses conseils en préconisant la NON INTERVENTION. Ce fut, pour nous, un coup de massue tout le monde savait que l’Italie et l’Allemagne n’appliquaient pas les consignes de la SDN dont ils n’étaient pas membres et envoyaient des avions et de l’aide militaire aux fascistes Espagnols. Comment le Front populaire français pouvait rester impassible face à l’agression fasciste d’un autre front populaire ? Pour tous les ouvriers, c’était inconcevable !  Avec les combats au Pays Basque et du Nord-ouest de l’Espagne, les premiers réfugiés débarquent dans le port de Saint-Nazaire. De là, ils sont dispersés sur la Bretagne. Pierre Petit : un peu par hasard, un jour dans la gare, à l’écart, côté marchandises, je remarque un groupe encadré par des GMR (les CRS de l’époque). Uniquement des femmes, des enfants et des vieillards. Les gendarmes les ont fait descendre par le Bd Clemenceau jusqu’à un dépôt désaffecté à Couedic. Les femmes portaient des petites robes d’été et certains enfants marchaient pieds nus, elles avaient quitté Bilbao sous les bombes des avions fascistes italiens, la ville était en feu et sont parties sans bagages, se réfugiant sur un cargo français dans le port. Cet ancien dépôt était à l’abandon, ils l’ont transformé en camp ! Je dis un camp de concentration, car pour moi quand des êtres humains sont parqués dans un endroit sinistre sale, entouré de barbelés et gardé par des hommes en armes, j’appelle ça un camps de concentration. Les conditions d’hygiène à l’intérieur étaient désastreuses et bien évidement, ils n’avaient pas le droit de sortir.  Pierre Petit raconte ce qu’il a vu à son père qui en tant que secrétaire du Secours Rouge de St Brieuc décide de vérifier les « dire » de son fils, puis avec Louis Guilloux, ils exigent une entrevue avec le Préfet, pour obtenir une autorisation d’entrer dans le camp, les policiers leur en ayant interdit l’accès. Pierre Petit : Quand nous sommes entrés, nous ne croyons pas ce que l’on voyait, il y avait environ cinq cents personnes dans ce hangar dont les vitres étaient cassées et le toit parsemé de trou laissant passer la pluie. Ils couchaient sur des matelas en paille à même le sol en béton. Après notre intervention, l’armée leur a fourni une roulante (cantine de campagne). Nous avons aussi reçu l’aide de l’abbé que la bourgeoisie locale appelait le curé rouge (parce qu’il était syndiqué à la CFTC !). Comme personne n’osait le contredire, c’est lui qui a fait la tournée de tous les commerçants de St Brieuc pour trouver des vêtements, des chaussures aux enfants, etc. A force d’interventions, le Secours Rouge (en fait, il avait changé de nom pour devenir le Secours Populaire, mais tout le monde continuait à nous appeler comme avant) et le curé ont réussi à répartir les réfugiés -par petits groupes- dans des locaux plus adaptés dont une école de mousses marins et une prison désaffectée (à Guingamp). Les enfants orphelins enfin sont dispatchés dans des familles d’accueil ouvrières à partir de la Maison du Peuple.  La CGT et le secours rouge lancent une deuxième campagne en faveur de l’Espagne, celle des brigades internationales. Ils achètent un camion (d’occasion) et des armes pour les volontaires issus de tout le département. Un peu plus tard la région accueille des « grands blessés » de guerre (antifascistes) à l’Hôpital. Le jeudi après midi, Pierre leur apporte des cigarettes et quelques fois des journaux ou des livres espagnols. Les malheurs de ces réfugiés ne furent pas terminés pour autant.  Pierre Petit : Ces grands mutilés étaient des soldats en uniformes et le gouvernement avait honte de les accueillir et il les cachait pour respecter les consignes de la SDN. Les réfugiés étaient à peine installés qu’une autre nouvelle nous a révolté. Je crois que c’est fin octobre, on apprend que les réfugiés de Gouédic étaient de nouveau embarqués à la gare de St Brieuc. Le Secours rouge se renseigne auprès de la préfecture. Le train les emmenait en Espagne, mais dans la partie du Pays Basque contrôlé par Franco. Les femmes pleuraient, elles nous disaient que le train les conduisait directement à la mort. Une partie d’entre elles avaient toujours leur mari sur le front. Un des vieux nous a hurlé que si Franco gagnait, bientôt c’est nous qui subirions le même sort. Et ce fût le cas.  Nous étions effondrés, évidemment, au nom du Secours rouge mon père et Louis Guilloux ont interpellé les autorités, mais nous n’avons rien pu faire. Officiellement, c’est parce que le gouvernement de Front Populaire espagnol ne payait plus de dédommagements à la France et précisément à la commune de St Brieuc. Je pense que la vraie raison, c’est que le gouvernement avait peur. Maintenant ces faits sont connus, mais à l’époque, la position du Front populaire était inimaginable. http://increvablesanarchistes.org/articles/1936_45/refugie-bretagne.htm 

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Les artistes immigrés espagnols en France

Posté par classeuro le 6 avril 2010

YOUNES Allison

DJOBO Déborah

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                          Les artistes immigrés espagnols en France 

Paris, pôle d’attraction pour les artistes catalans depuis le Modernisme           1) L’exposition catalane du salon d’automne de 1920           

  Le Salon d’automne de 1920, qui ouvrit ses portes du 15 octobre au 12 décembre, abrita une salle consacrée aux artistes d’origine catalane. Cette exposition réunit l’œuvre de plus de soixante créateurs catalans, la plupart d’entre eux ayant séjourné en France et le plus souvent à Paris. Ce fut un événement majeur dont témoignèrent les presses française et espagnole spécialisées du moment. Les institutions politiques et culturelles respectives y étant impliquées, l’exposition s’intégra dans un cadre exceptionnel de relations artistiques entre les deux pays.                    L’étude de cet événement permet d’illustrer à la perfection un moment culminant des relations artistiques entre la France et l’Espagne, ainsi que de se rapprocher d’une période remarquable en raison de sa richesse culturelle et de la diversité des manifestations artistiques qui s’y sont produites. 

Au cours du XIXe siècle, les contacts culturels entre la France et l’Espagne furent principalement unidirectionnels, c’est-à-dire que ce furent les créateurs catalans qui s’installèrent à Paris et non pas l’inverse. Paris fut ainsi la destination préférée des artistes espagnols tout au long de la deuxième moitié du XIXe siècle, dès que la ville prit la relève de Rome comme capitale des arts au niveau mondial. Paris offrait de magnifiques possibilités d’apprentissage et d’évolution aux artistes étrangers  L’irruption du mouvement réaliste marque le début d’une époque marquée par les séjours des créateurs espagnols en France et de leur participation aux salons artistiques de la ville de Paris. 

Comme l’ont démontré de récentes études, des peintres tels que Ramon Martí i Alsina ou Marià Fortuny furent précurseurs d’une idée très intéressante par rapport à la production artistique catalane contemporaine : celle de la nécessité de séjourner ou d’exposer dans la capitale française comme seule voie pour faire aboutir la formation artistique et, en même temps, obtenir le succès tant au niveau international que local. Manu Chao 

(né José Manuel Thomas Arthur Chao le 21 juin 1961 à Paris) est un chanteur auteur-compositeur-interprète et musicien français d’origine espagnole et bilingue hispanophone, devenu une figure majeure de la musique latine avec son groupe Mano Negra. Il accomplit depuis plusieurs années une carrière solo internationale à succès et se produit dans le monde entier avec son nouveau groupe Radio Bemba. 

Son grand père maternel, Tomás Ortega était un communiste espagnol qui a fui Franco avec sa famille. Ce grand-père sera pour Manu Chao[] une référence d’engagement. En effet, il combattît lors de la Guerre civile espagnole en sabotant les liaisons téléphoniques des villes prêtes à tomber aux mains des franquistes. Recherché, il fuit mais sa famille ne le rejoindra que plus tard La famille fuira ensuite en Algérie pendant 10 ans avant de venir s’installer en Région parisienne. Tomás ne souhaitera jamais revenir en Espagne même après la mort de Franco, n’ayant pas confiance.  Manu Chao déclarera que « Quand j’étais petit, mon grand-père me racontait toute cette période en long et en large, la guerre civile, son départ d’Espagne, l’Algérie. Maintenant, il est parti. C’est quelqu’un d’important dans ma vie. Un mec honnête qui a défendu ses idées jusqu’au bout » 

Du côté paternel, on comprend mieux le lien de Manu Chao avec l’Amérique Latine. En effet, à la fin du XIXe siècle, Dolores, la grand-mère de Ramón Chao, le père de Manu Chao, fuit Vilaba, en Galice, pour Cuba en raison d’un mariage gâché par les coups que lui portaient son mari alcoolique. À Cuba, Dolores travaillera comme servante dans la maison de García Kolhy, chef de la police locale. Puis, Nazario, son mari, arrivera de Galice afin de la récupérer. On le retrouvera pourtant un peu plus tard assassiné dans un coin du vieux Havane, une balle dans la tête. Quelques mois après elle tomba enceinte de ce García Kolhy, abusant de son droit de cuissage[ ]et retourna en Galice pour élever le grand père de Manu Chao. Celui-ci, violent et tyrannique à son tour[], voyagera longuement à Cuba et reviendra avec une idée forte : un de ses enfants devra être un musicien célèbre. 

Ce sera Ramon Chao. Pianiste prodige mais qui se libérera de la pression de son père en abandonnant le piano pour la plume, une fois arrivé à Paris. Acte que son père ne lui pardonnera pas. Ramon Chao a écrit un livre relatant l’épopée familiale à Cuba, il dira à sa sortie : « Pour moi Cuba a toujours été le paradis et j’ai toujours eu de l’amour pour cette île, depuis l’époque de Batista à celle de Fidel Castro et jusqu’à ma mort, je serai fidèle à cette passion. Cet héritage latino-américain, mon fils Manu Chao l’a assumé».  Ces différents héritages ont façonné l’engagement de Manu Chao ainsi que son goût pour l’Amérique Latine et les voyages. 

Céline Blasco Chanteuse franco-espagnole, Céline Blasco tisse de sa voix chaude un équilibre subtil entre racines et exil, déchirement et espoir. C’est en 1997, et après plusieurs expériences en tant que chanteuse et guitariste au sein de groupes latino-américains, que Céline Blasco décide de se consacrer  à l’écriture de sa musique.
Elle rencontre à cette époque le flûtiste Bernard Vignal, avec qui elle monte un répertoire en hommage à son « Amérique intime » constitué de compositions en espagnol et de reprises de Victor Jara,  Atahualpa Yupanqui, Violeta Parra ou Chico Buarque… 
A partir de 1999, Céline Blasco évolue vers une écriture bilingue et présente un nouveau répertoire de compositions en espagnol et en français. Ses textes et sa musique sont remarqués (Tremplin des Rencontres Brel, de Saint Priest, Concours de la chanson du Mans, La Truffe de Périgueux…). Son parcours l’amène à travailler avec de nombreux musiciens de la scène latine ou jazz comme Claude Guerrier, Patrice Foudon, Eric Franceries, Luis Patricio Leal, Jean-Luc Peilhon, Pierrem, Tibo Soulas et Cesar Stroscio. 

Luis Mariano de son vrai nom Mariano Eusebio González y García, né le 13 août 1914 à Irun au Pays basque espagnol et décédé d’une hémorragie cérébrale le 14 juillet 1970 à l’Hôpital de la Salpêtrière à Paris, était un ténor qui vécut la majeure partie de sa vie en France.  Il accéda à la célébrité en 1945 grâce à La Belle de Cadix, opérette de Francis Lopez ou encore Le Chanteur de Mexico. Il devint alors, à la scène comme au grand écran, le prince de l’opéretteÀ l’achèvement de la guerre civile espagnole, Luis Mariano et sa famille se réfugient à Bordeaux où son père s’établit garagiste. Attiré par le dessin, Luis entre à l’École des beaux-arts de Bordeaux. Reçu au concours d’entrée du conservatoire de Bordeaux, il est remarqué par Jeannine Micheau, qui s’aperçoit qu’on lui fait travailler des rôles trop lourds pour lui. Septembre 1942, Luis Mariano quitte le Conservatoire de Bordeaux, se rend à Paris et reçoit des leçons du grand maestro Miguel Fontecha. Cet éminent professeur va lui enseigner le « bel canto », technique de chant dans la plus pure tradition lyrique italienne se caractérisant par la beauté du son et la recherche de la virtuosité. 

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Stéréotypes

Posté par classeuro le 30 mars 2010

Stereotypes de l’histoire :  Les Espagnols sont superbes et même fanfarons  Au XVIIe siècle jusqu’aux premières années du XVIIIe, on oppose le Français valeureux et l’Espagnol prétentieux dans son ambition d’empire universel, fanfaron et plein de vents.             Dans ces alternances, ces balancements, ces retournements quelquefois, l’image de l’autre se durcit ou s’amollit, le stéréotype prend des allures plus ou moins hostiles ou plus ou moins bienveillantes. Les représentations figurées des nations (des estampes du XVIIe siècle au dessin de presse contemporain) sont un bon témoignage de ces fluctuations. A titre d’exemple, on peut observer un certain nombre de gravures de propagande du XVIIe siècle dans lesquelles le Français et l’Espagnol marchent en couple. L’Espagnol reconnaissable à son costume qui, le siècle avançant, reste immuable, et le Français, élégant, à la dernière mode, se riant de son adversaire. Les graveurs ont placé les deux ennemis en situation : le Français met échec et mat un Espagnol tout déconfit, ailleurs, le Français observe l’Espagnol chassé par la Flandre d’un coup de pied au cul. Plus tard, l’Espagnol, toujours lui, est châtré de Gravelines et de Dunkerque. 

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Artistes exilés en France: Paris et Toulouse

Posté par classeuro le 23 mars 2010

Le plus grand nombre d’exilés républicains espagnols s’installa en France et cet exil présente des particularités sociologiques bien distinctes qui révèlent l’existence de deux courants assez différents: celui qui se dirigea vers Paris était de type petit-bourgeois et intellectuel; celui qui s’installa dans le Sud-Ouest du pays autour de la capitale de la Haute-Garonne, Toulouse, avait une base populaire et syndicale.

Les caractéristiques de l’exode consécutif à la défaite militaire furent celles de ce type d’émigration, marquée par des gens issus de différentes contrées, de différentes catégories sociales, de différentes professions et opinions politiques. L’arrivée massive en terre étrangère voisine après la Retirada15 de 1939 fut suivie d’une dispersion dans les différents camps de concentration prévus pour les accueillir, des déplacements vers le nord du pays et une deuxième sortie vers d’autres États, dont surtout ceux d’Amérique Latine.

Ceux qui finalement restèrent en France durent affronter une nouvelle tragédie historique: la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945), durant laquelle leur condition, loin de s’améliorer au fil des années, devint d’une précarité évidente.

À leur état d’exilés dans un pays occupé et en guerre, s’ajoutait le handicap que suppose la méconnaissance d’une langue étrangère, qui rendait plus compliquées communication et intégration dans leur nouveau pays, à la différence de ceux qui s’exilèrent dans des pays hispanophones.

L’activité culturelle des exilés en France fut constante depuis leur arrivée. Les lieux, formes et courants d’expression de leur culture furent divers, mais dans l’ensemble on peut affirmer que la caractéristique essentielle de l’exil espagnol en France réside dans sa volonté de sauvegarder l’identité culturelle hispanique.

L’exil artistique est un des aspects de cet univers culturel espagnol qui se produisit en France après la guerre civile. On sait que Paris fut le plus important point d’arrivée de ces créateurs, mais il ne faut pas oublier l’existence d’un autre centre artistique dans la zone sud: Toulouse, qui recueillit un bon nombre d’artistes, encore absents de l’historiographie d’art contemporain espagnol, d’une part par méconnaissance et d’autre part à cause du manque de recherches qui révéleraient cette évidence.

Le collectif d’artistes exilés en France présente d’énormes différences quant à leurs chances de formation et reconnaissance, compte tenu du choix de leur lieu d’exil. Il est évident que l’environnement culturel et artistique des années quarante n’était pas le même à Paris qu’à Toulouse et donc l’impact et la portée qu’auront les artistes ayant choisi Paris, n’a rien de commun avec le dépassement de soi atteint par ceux qui s’installèrent dans la Ville Rose. Si l’on ajoute à cela que la plupart des artistes qui forment le Groupe de Toulouse sont des autodidactes, qui durant des années durent s’employer à survivre plus qu’à peindre, sculpter ou dessiner, et qu’aucun appareil critique n’a été là pour sauver leur mémoire de l’oubli, un retournement historique s’impose et nous encourage dans notre travail de façon impérative et urgente.

Paris 

Depuis le début du siècle des noms incontournables de l’histoire universelle de l’art choisirent Paris attirés par l’essor artistique de la capitale française. L’incomparable bouillonnement culturel qui se produisit à Paris au début du XXe siècle provoqua un formidable attrait chez les artistes de toutes nationalités qui, et parmi eux les Espagnols, essayaient d’abandonner les pratiques d’une société de fin de siècle ancrée dans le passé, marquée par le naturalisme artistique, sans marché intérieur capable d’absorber leurs oeuvres et dotée d’un appareil critique pratiquement inexistant incapable d’appuyer une quelconque démarche rénovatrice.

Les pionniers de cette aventure artistique espagnole portent des noms qui font partie de l’histoire universelle de l’art et ont atteint une excellence artistique qui les convertit en figures de proue de l’art contemporain.

Julio González vint avec sa famille en 1900, Pablo Picasso réalisa son premier voyage à Paris en 1901, et s’y installa définitivement en 1904; Juan Gris en fit de même en 1906; María Blanchard en 1909, Joan Miró en 1920. Tous ces noms font partie des avant-gardes historiques et sont un référent incontournable pour les futures générations d’artistes qui viennent en France ou sont en gestation en Espagne.

Ces artistes qui étaient hors d’Espagne lorsque la guerre civile éclata, resteront à l’extérieur et ne reviendront pas chez eux sauf Miró qui continua son oeuvre dans un exil intérieur. Cette génération d’artistes espagnols ne s’était pas installée dans la capitale française pour des raisons politiques, mais dans de nombreux cas elle appuya de façon capitale la Seconde République Espagnole. Néanmoins, on ne saurait les considérer comme de vrais exilés pour fait de guerre.

Le groupe d’artistes qui durant les années vingt et trente a rejoint la dénommée École Espagnole de Paris constitue le deuxième temps de l’émigration artistique à Paris. Les peintres les plus intéressants sont Manuel Ángeles Ortiz, Francisco Bores, Joaquín Peinado, Hernando Viñes, Luis Fernández, Pancho Cossío, Ismael Gómez de la Serna, Óscar Domínguez, Alfonso Olivares et Honorio García Condoy. Nous rencontrons aussi dans la sphère de l’École Espagnole de Paris des artistes intéressants comme Mateo Hernández ou José Palmeiro.

Tous représentent un ensemble de personnalités et trajectoires artistiques qui ont en commun leur convergence vers Paris à une époque de grande effervescence culturelle et artistique. Ces artistes entrent en contact avec différentes écoles et trouvent en Picasso un référent inévitable. Beaucoup ont développé un grand travail professionnel en France car la situation imposée à l’Espagne après la guerre ne les attirait pas et ils restèrent à Paris. Ces artistes non plus ne sauraient être considérés comme des exilés de guerre, car ils étaient en France durant le conflit (exception faite de Manuel Ángeles Ortiz), mais aucun ne revint en Espagne après la guerre.

Quelques artistes parmi ceux que nous avons qualifiés de pionniers à Paris et d’autres faisant partie du groupe de l’École de Paris, participèrent à la réalisation du Pavillon de la République Espagnole lors de l’Exposition Internationale des Arts et Métiers, qui se tint à Paris l’été 1937, événement particulièrement significatif pour la culture artistique de l’époque. On passa commande pour ce Pavillon à plusieurs artistes résidant à Paris, et leurs oeuvres se convertirent au fil du temps en symboles emblématiques de la guerre et de l’exil. Nous faisons allusion à la sculpture Le peuple espagnol a un chemin qui le conduit vers une étoile (1937) d’Alberto Sánchez; la sculpture Fontaine d’Almadén (1937) d’Alexandre Calder; la toile Guernica (1937) de Pablo Ruiz Picasso; le mural Le Moissonneur (1937) de Joan Miró et la sculpture Montserrat (1937) de Julio González.

Ces cinq oeuvres sont la commande particulière du gouvernement de la République faite aux artistes pour cette exposition. Ce fut la première rencontre entre l’État Espagnol et les artistes d’avant-garde résidant en France, plutôt méconnus voire absents dans leur propre pays. La présence de ces artistes espagnols à Paris montre leur cosmopolitisme culturel et l’avant-garde de leurs propositions. Le troisième temps de l’émigration artistique à Paris, est à proprement parler celui de exil, de se produit à la fin de 1939, moment où arrivent les artistes fuyant la répression et le triomphe du fascisme en Espagne car beaucoup avaient été impliqués dans le conflit ou avaient participé aux activités artistiques de soutien aux républicains. Parmi eux nous pouvons citer Manuel Ángeles Ortiz, Baltasar Lobo, Pedro Flores, Ginés Parra, Antoni Clavé, Manuel Viola ou Appel·les Fenosa.

De nombreux artistes issus de l’École de Paris et d’autres arrivés dans la capitale après la guerre, participèrent à l’exposition appelée L’art de l’Espagne républicaine. Artistes espagnols de l’École de Paris qui eut lieu à Prague en 1946. L’exposition, outre son caractère de manifestation publique et esthétique d’artistes d’avant-garde républicains, s’affirma comme phénomène artistique et politique. Participèrent à cette exposition: Picasso, Óscar Domínguez, García Condoy, Luis Fernández, Mateo Hernández, Francisco Bores, Julio González, sa fille Roberta González, José Palmeiro, Joaquín Peinado, Hernando Viñes, Ismael González de la Serna, Baltasar Lobo, Pedro Flores, Ginés Parra, Antoni Clavé, Appelles Fenosa, Manuel Adsuara et Balbino Giner.

La liste des artistes espagnols exilés à Paris ne se limite pas aux noms de l’École de Paris ou de l’exposition de Prague. Les circonstances ont impliqué une profonde méconnaissance de la part de ceux qui n’eurent pas une relation directe avec ces deux manifestations, c’est pourquoi il a fallu attendre plusieurs décades avant d’avancer d’autres noms grâce à des travaux d’études et de recherche. Il en est ainsi pour Joan Rebull, Emilio Grau Sala, Juan José Luis González Bernal, Antonio Quirós, Ángel Alonso, Rufino Ceballos, Ángel Medina, Eduardo Pisarro, etc.

Pour les artistes espagnols exilés en France comme pour le reste des républicains, la fin de la Seconde Guerre Mondiale a supposé un moment d’espoir et la certitude qu’enfin leur retour tant espéré en Espagne allait se faire, mais l’histoire en avait décidé autrement et leurs illusions tôt ou tard se sont évanouies, de sorte que, tenant compte de la situation, chacun décida de suivre son propre chemin, les uns ne rentrant plus jamais et les autres revenant peu à peu à mesure que l’horizon culturel espagnol montrait quelques signes d’ouverture vers l’extérieur. La décade des années cinquante surprit les artistes espagnols de Paris quand ils virent comment malgré l’enfermement politique du régime, une nouvelle génération d’artistes espagnols de l’intérieur commençait à être connue sur le plan international, après quelques expériences figuratives. En général ces jeunes espagnols qui triomphaient dans les Biennales adhéraient à l’art informel ou l’expressionnisme abstrait. Ceci causa une grande surprise au sein des Espagnols de Paris car il était clair que, à l’encontre de tout pronostic, la création artistique était capable de se jouer des obstacles politiques.

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L’art de l’exil républicain espagnol

Posté par classeuro le 23 mars 2010

La convulsion qu’a représentée la guerre civile pour l’Espagne amena une nouvelle étape migratoire qui, par ses caractéristiques et conséquences sur le panorama culturel, social et politique du pays de départ, plongea beaucoup de ceux qui la vécurent dans la longue léthargie de l’oubli. La défaite républicaine toucha le collectif d’artistes plasticiens autant que d’autres couches de la société espagnole. Les destinations des artistes exilés furent nombreuses mais on en retiendra surtout deux: l’Amérique Latine et la France.

La fin de la guerre marqua aussi la fin des perspectives artistiques de toute une génération d’artistes qui, dans sa grande majorité, choisit l’exil comme réponse à son opposition au nouveau régime vainqueur en Espagne. Dans un premier temps, cet exode massif alla vers la France, et de là se dispersa vers d’autres pays européens et latino-américains. La plupart des artistes espagnols qui passèrent la frontière en 1939 se retrouvèrent dans les camps de concentration du Midi de la France. Les conditions d’accueil dans les différents pays varièrent en fonction des circonstances politiques, mais en général, il faut souligner qu’elles furent assez généreuses pour leur permettre de survivre et s’adapter. Dans leurs exils respectifs les artistes ne formèrent pas de groupes homogènes car ils n’avaient pas vécu les mêmes circonstances ni eu les mêmes formations avant leur départ. Ils n’en formèrent pas non plus par la suite, cependant de solides relations s’établirent souvent de par leur histoire commune, intérêt artistique ou amitié personnelle. On ne peut généraliser les vécus et expériences personnelles des artistes qui se sont exilés, mais l’on peut relever des conditions d’existence communes à tous, qui se reflètent naturellement dans leurs oeuvres. En premier lieu le déracinement vital. Comme tous les exilés, les artistes ont souffert une rupture vitale, éloignés de leur terre, de leurs habitudes, de leur environnement, remplis des souvenirs d’une guerre infligée et perdue, conscients de l’anéantissement de leurs idées et de leurs aspirations politiques et culturelles, redoutant un déracinement imposé et un avenir incertain, avec en plus, et pour beaucoup, la récente expérience d’un passage dans les camps de concentration en France. D’une façon ou d’une autre, tous les artistes exprimeront ces expériences. On doit en deuxième lieu ajouter à ces déséquilibres intimes, la ruine d’un contexte lié au travail. La disparition des réseaux connus de présentation et d’exposition, qu’il fallait reconstruire, la perte de la reconnaissance acquise dans les milieux artistiques et donc la nécessité d’en affronter d’autres: nouvelles galeries, nouvelles revues d’art et incursion obligée dans un milieu artistique totalement différent, parfois dominé par des tendances autres. L’influence de l’art de ces exilés sur les artistes du pays d’accueil et la réciproque, amena souvent un champ nouveau de relations. Certains pays ne connaissaient pas les recherches d’avant-garde, car ils restaient plus soucieux d’un positionnement national et indigéniste. L’arrivée des artistes espagnols se traduisit par un enrichissement réciproque, puisque les Espagnols s’approprièrent aussi dans le domaine thématique, formel ou stylistique, quelques-unes des nouveautés que leur offraient de nouveaux contextes artistiques. Leur niveau de participation dans les institutions artistiques et culturelles du pays d’accueil fut inégal. Certains s’incorporèrent pleinement aux nouvelles galeries, aux expositions collectives d’artistes du pays cependant que d’autres se centrèrent sur le milieu propre à l’exil: expositions dans les institutions des exilés, illustrations de livres et revues de l’exil, etc. Les artistes espagnols ont conservé leurs signes d’identité dans les divers pays où ils ont résidé, et au fur et à mesure que se faisait leur intégration ils se sont enrichis des propositions artistiques des terres d’accueil. D’une manière générale nous pouvons dire que le nombre d’artistes plasticiens à l’exil a été exceptionnellement important, si l’on englobe deux générations aux caractères bien définis. Ceux qui appartiennent à la première avaient déjà réalisé une grande partie de leur oeuvre et étaient reconnus dans leur pays. Ceux qui forment la deuxième génération avaient à peine commencé leur travail et ont été plus marqués par les tendances artistiques du pays d’accueil.

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Plan

Posté par classeuro le 8 mars 2010

  1. Introduction historique : 1938-années 70 et jusqu’à nos jours
  2. Immigration pour des raisons politiques
  3. Les anarchistes : exil et résistance
  4. Immigration pour des raisons économiques
  5. Les femmes
  6. Témoignages d’immigrés 
  7. L’image de l’espagnol en France : stéréotypes et réalités
  8. La visite à la CNHI : photos, compte rendu, documentaire…
  9. La visite du Mhic

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